Entretien avec l’ex-délégué du Sutsas de Hoggy : Les misères de Cheikh Seck

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Deux mois après sa réintégration, l’ex-délégué du Sutsas à l’Hôpital général de Grand Yoff (Hoggy), qui a aujourd’hui créé sa propre organisation syndicale, analyse la décision de justice de la Cour suprême qui l’a rétabli dans ses droits. Tout de même, le syndicaliste n’est pas encore au bout de ses peines. Il a vu son salaire et ses avantages coupés. Cheikh Seck court après plus de 20 mois de salaire. Il dénonce ici l’attitude de la tutelle qui, selon lui, tergiverse et cherche des raccourcis pour ne pas lui payer son dû. En attendant, le syndicaliste entend continuer la lutte avec sa nouvelle organisation récemment mise en place : Le Syndicat démocratique des travailleurs de la santé et du secteur social (Sdt3s).

Vous venez de mettre en place un nouveau syndicat. Peut-on dire que le divorce est total entre vous et le Sutsas ?
Oui. On n’a pas le choix. C’est vrai, nous avons créé une nouvelle organisation dénommée Syndicat démocratique des travailleurs de la santé et du secteur social (Sdt3s). Il faut voir le processus qui nous a amenés à créer cette organisation. Depuis 2007, il y a eu des remous au sein de notre structure ici à l’Hôpital général de Grand-Yoff. Les dirigeants du Sutsas, qui devaient nous soutenir dans cette lutte, ont eu des positions divergentes par rapport à nous. Nous avions constaté qu’ils étaient du côté de la direction et voulaient se servir du syndicat pour se rapprocher de l’Etat.

Quand on a commencé à dénoncer la manière dont notre organisation était gérée, certains de nos doyens nous avaient demandé de ne pas casser le syndicat parce que, disaient-ils, l’émiettement syndical ne favorise pas les travailleurs. Ils nous ont dit que beaucoup de responsables qui actuellement dirigent l’organisation allaient bientôt partir à la retraite et n’auront pas un autre mandat. Nous sommes à cette époque restés à l’intérieur et avons continué notre combat. En 2012, à notre grande surprise, ils se sont maintenus à leur poste. Plus grave, lors de ce congrès, ils nous ont refusé l’accès. Moi-même, je n’y ai pas participé. Ils ont monté leur bureau sans nous.
Malgré tout cela, nous n’avions pas jugé nécessaire de démissionner. Nous avions continué à dénoncer. Et un beau jour, ils nous ont dit que nous étions exclus du Sutsas. Moi-même, j’étais le secrétaire général du Sutsas/Section Hoggy, le docteur Mouhamadou Ly, membre du comité exécutif, Abdou Guèye, ancien président de l’Association des infirmiers et infirmières d’Etat, et d’autres qui n’ont pas été exclus, mais muselés. Et c’est ça qui nous a motivés à créer ce syndicat.

Avec quel groupe avez-vous créé ce syndicat ? Sont-ils des travailleurs de Hoggy ou des membres du Sutsas ?
Ce sont des travailleurs du Sutsas. Lors de l’Assemblée générale, des gens sont venus de Kédougou et même de Richard-Toll. Nous avons fait le travail en amont. Depuis 2007, nous avions un groupe. Nous avons même un blog qui s’appelle «Sauver le système 2012». Il y a dans ce blog toutes les activités que nous avons menées à Dakar et dans les régions. Donc, on était en contact avec des gens qui sont dans l’intérieur du pays.
Si nous avons lancé ce syndicat, c’est parce que ce sont ceux de l’intérieur du pays qui nous ont convaincu de la pertinence de créer cette organisation syndicale. Ce ne sont pas aussi seulement les travailleurs de Hoggy bien entendu. C’est ma base, mais c’est une organisation syndicale qui a une envergure nationale. Jusqu’à présent, des travailleurs nous appellent pour nous dire que nous avons tardé à créer ce syndicat. Si on l’a fait tardivement, c’est parce qu’on ne voulait pas qu’on nous reproche le fait qu’il y ait beaucoup de syndicats. On ne peut pas rester éternellement les bras croisés et laisser des personnes nous prendre en otage.

Vous en êtes le secrétaire général ?
C’était l’Assemblée générale constitutive. On a mis en place un bureau, mais il est provisoire. Je suis le secrétaire général. On ne peut pas reprocher à certains syndicats le manque de démocratie et ensuite faire comme eux. Certains nous disent qu’ils n’étaient pas informés et qu’ils sont intéressés. On met en place un bureau provisoire de 5 personnes et on souhaite que cela ne dure pas deux mois. C’est une période qu’on va mettre à profit pour vendre nos cartes. Les gens vont élire librement leurs délégués au niveau des sous-sections, des sections et au niveau régional. Après, nous allons choisir un bureau de 25 personnes. Nous avons déjà tracé le statut et le règlement intérieur. A partir de là, les travailleurs vont choisir leur secrétaire général et les membres du bureau. Je serai candidat. Si je suis choisi, je resterais sinon je laisserais la place à celui que les travailleurs choisiront. Nous voulons faire un syndicalisme de rupture. D’ailleurs, nous sommes l’un des rares syndicalistes qui prennent en charge des malades dans notre service.

Vous êtes de retour à Hoggy. Cela veut dire que vous avez gagné le bras de fer qui vous opposait aux autorités du ministère de la Santé et de l’action sociale ?
Oui. C’est la justice qui a triomphé. Le combat a duré deux ans. Mais jusqu’à présent, le ministère continue à tergiverser. Malgré le fait que la Cour suprême s’était prononcée de façon très claire. Quand elle s’est prononcée, je suis retourné à l’hôpital pour prendre service. J’ai été victime d’une agression par les autorités de cet hôpital et pourtant, c’est une nouvelle autorité qui gère maintenant la structure. Des gens se sont interrogés pour dire : «Pourquoi elle mène ce combat alors qu’elle vient juste d’être nommée à la tête de la structure ?»
Cela fait un an que la Cour suprême a rendu sa décision pour ma réintégration à Hoggy. Le ministère a traîné les pieds. Les autorités de ce ministère ont voulu faire comme Serigne Mbaye Thiam avec les élèves-maîtres. Jusqu’au moment où je vous parle, à part le fait que je sois revenu à l’Hôpital Grand-Yoff, tous mes droits y compris le salaire que j’avais à Hoggy ne me sont pas rendus.

Vous êtes revenu depuis quand ?
Depuis deux ou trois mois, je suis dans cet hôpital.

Vous n’êtes toujours pas payé ?
Le ministère a voulu changer mon matricule et il n’a pas voulu payer le passif. Jusqu’à présent, je n’ai pas encore repris ma place dans le Conseil d’administration. En même temps, les autorités du ministère ont coupé tous mes avantages, y compris mon salaire. Cela va faire bientôt deux ans, jusqu’au moment où je vous parle je ne l’ai pas perçu. Les autorités du ministère ont changé mon matricule pour que demain je ne réclame pas le passif qu’elles me doivent. Quand je suis venu, elles ont mis dans la prise de service que j’étais affecté par note de service numéro tel. Je suis allé voir la directrice pour lui dire que je ne suis pas affecté à Hoggy. J’ai été réintégré. Parce que si je suis affecté, je n’aurais plus le droit de réclamer mes 20 mois de salaire. Le mot «réintégration» a tout son sens. C’est seulement la note signée par Issa Mbaye Samb (Ndlr : ancien ministre de la Santé sous Wade, qui est décédé) qui m’avait affecté ici en tant qu’agent qui est valable. Cela annule la note du ministre. Je suis allé voir le directeur de Cabinet du ministre par deux fois pour attirer son attention, mais rien n’a été fait.
La direction de l’hôpital est en train de jouer à un jeu. Elle a pris un garçon de salle pour me remplacer ; elle lui a donné mon bureau. Depuis que je suis arrivé, le matin je suis obligé d’aller à gauche et à droite pour me changer et mettre ma blouse. Quand j’interpelle l’autorité de cet hôpital, elle me dit toujours qu’elle a l’aval des autorités. C’est celui du ministre de la Santé ? C’est qui ? Et c’est ça la question. Si c’est Eva Marie Coll Seck, j’aurais mal. Parce que cet acharnement, je ne le comprends pas.

Que comptez-vous faire alors ?
Je suis patient. Depuis deux ans, je vis cette situation. Quel que soit alpha, ces gens-là ne pourront pas m’empêcher d’exister. Cela fait deux ans qu’ils sont en train de me détruire. Le mot n’est pas trop fort. On m’a amené à la Division des investigations criminelles (Dic) un vendredi pour que je passe le week-end alors que j’avais dénoncé un marché irrégulier. Après, on m’a conduit à la Section de recherches et au Tribunal. Et le dernier acte a été de m’affecter pour m’isoler. C’est le système qui est pourri. Je ne dis pas que le ministre de la Santé est une mauvaise personne, mais elle ferme les yeux sur beaucoup de choses qui se passent dans son secteur.
Ce secteur, en termes d’évolution, de moyens et d’argent que l’Etat met, je ne pense pas qu’il y ait un autre secteur où l’Etat dépense autant. Le budget du mi­nistère de la Santé en 1998 était de 28 milliards. Aujour­d’hui, on est à 150 milliards. Cha­que année, on augmente le budget. Sur le plan de la prise en charge des malades, il y a la Couverture maladie universelle, la gratuité de la césarienne et des enfants de 0 à 5 ans. Pourtant, les populations ne ressentent pas ces efforts. Où passe cet argent ? C’est ça la véritable question.

 

ndieng@lequotidien.sn

LE SECTEUR DE LA SANTE MALADE DE SES LOBBIES

13322182_1212413222111658_6716273827416790946_nINTRODUCTION
Le système public de santé sénégalais traverse une crise profonde et multiforme. Pourtant, à observer les autorités en charge de la Santé et de l’Action sociale dans leurs campagnes médiatico-folkloriques, on a l’impression que tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes, avec la perspective de régler, à court terme, la problématique de la demande de soins grâce à la Couverture Maladie Universelle. Mais dans la réalité, on se rend compte que les structures de soins sont le théâtre de drames quotidiens parfois relayés par la presse. Plus grave, ces tragédies spectaculaires, que la presse à sensation affectionne particulièrement et auxquelles nos gouvernants sont particulièrement allergiques ne sont que la face visible de l’iceberg, comme en attestent des taux de mortalité encore trop élevés. Selon l’ANSD, le taux de mortalité infantile (0-1 an) est de 44,7‰et celui portant mortalité infanto-juvénile (0-5 ans) de 66,4‰

 INDICATEURS 2013 2014 2015
Taux de mortalité infantile (0-1 an) 47,8‰ 46,3‰ 44,7‰
Taux de mortalité infanto-juvénile (0-5 ans) 71,9‰ 69,1‰ 66,4‰

Evolution des taux de mortalité infantile et infanto-juvénile entre 2013 et 2015 au Sénégal

A titre de comparaison, les tableaux ci-dessous renseignent sur la place occupée par notre pays parmi divers pays africains et sur les progrès accomplis par ces mêmes pays, dans un intervalle de six ans, entre 2006 et 2015.

Pays Tunisie Cap Vert Maroc Ghana Sénégal Guinée Mauritanie
Mortalité Infantile 22,35‰ 23,45‰ 23,60‰ 37,37‰ 51,54‰ 53,43‰ 54,68‰

Comparaison des taux de mortalité infantile en 2015 dans quelques pays africains

Les chiffres diffèrent un peu, selon d’autres sources, même si la tendance est la même.

Pays Cap Vert Ghana Guinée Mauritanie Sénégal Maroc Tunisie
2009 41,35‰ 51,09‰ 65,22‰ 63,42‰ 58,94‰ 29,75‰ 22,57‰
2015 23,45‰ 37,37‰ 53,43‰ 54,68‰ 51,54‰ 23,60‰ 22,35‰
Ecart -17,90‰ -13,72‰ -11,79‰ -8,74‰ -7,40‰ -6,15‰ -0,22‰

Evolution des taux de mortalité infantile entre 2009 et 2015 de ces mêmes pays
Il ressort de l’analyse de ces tableaux que le taux de mortalité infantile dans notre pays est plus élevé que dans des pays comme la Tunisie, le Maroc et même le Cap-Vert. Mais plus grave, des pays voisins comme la Guinée ou la Mauritanie semblent progresser plus vite que nous dans la réduction de la mortalité infantile, malgré l’avance historique dont nous disposions, au début des années 60 (première école de médecine de l’AOF).
DES ACQUIS REELS A CONSOLIDER
Malgré un tableau d’ensemble assez préoccupant, il faut tout de même noter quelques initiatives louables comme la gratuité de la césarienne, une meilleure disponibilité et accessibilité financière des produits contraceptifs, l’introduction de nouveaux antigènes dans le programme élargi de vaccination (rotavirus, vaccin polio injectable, vaccin antipneumococcique, deuxième dose de vaccin antirougeoleux…). Il faut également se féliciter de la gratuité de la prise en charge du paludisme simple, de la tuberculose, des affections à VIH, ainsi que de l’acquisition de médicaments génériques contre les cancers, des progrès dans la prise en charge de certaines maladies transmissibles (paludisme, tuberculoses commune et multirésistante). Il y a aussi comme point positif à retenir la mise en branle de la couverture maladie universelle couplée à la gratuité de la prise en charge chez les enfants de moins de cinq ans et les personnes âgées de plus de 60 ans.
Les performances du système pourraient encore être meilleures, si elles ne subissaient pas les contraintes de l’approche-programme caractérisée par sa verticalité, une tendance à centraliser les activités et le rôle dominant des Partenaires Techniques et Financiers, qui ne prennent pas toujours en compte nos priorités nationales.
C’est le lieu de noter les déceptions liées à la mise en œuvre du COMPACT, instrument censé définir un cadre unique et harmonisé d’interventions pour le Gouvernement et les Partenaires Techniques et Financiers.
UNE OFFRE DE SOINS INADAPTEE ET INSUFFISANTE
Au-delà des indicateurs sanitaires parfois flatteurs, traduisant cependant, très souvent, des progrès éphémères et fragiles, il demeure indéniable que les Sénégalais, dans leur écrasante majorité, rencontrent d’énormes difficultés en ce qui concerne l’accès aux soins curatifs, surtout lorsqu’ils se trouvent en situation d’urgence, confrontés à des affections mettant leur vie en danger.
En effet, en plus du mauvais accueil, qui constitue un véritable casse-tête pour les autorités ministérielles, on observe presque quotidiennement le cas d’urgences médicales refoulées sans ménagement de structures de soins – très souvent pour défaut de paiement d’avances au comptant – avec parfois des issues fatales.
C’est ce qui nous conduit à penser, que notre système sanitaire est caractérisé par son incapacité à fournir une offre de soins à même de faire face à une demande de soins toujours croissante et plus diversifiée, du fait de la transition épidémiologique.
UN SYSTEME SANITAIRE SANS RESSOURCES ET MAL GERE
Le financement de la Santé pâtit, au même titre que le Secteur de l’Education, de la réduction drastique des budgets de fonctionnement au sein du Ministère de la Santé et de l’Action Sociale, ainsi que de politiques de gratuité pas toujours suffisamment élaborées (mauvais ciblage, retard dans les remboursements, clientélisme…), autant de contraintes, qui vont finir par compromettre l’accès des communautés aux services socio-sanitaires de base. Il faut également déplorer la mainmise de la Présidence de la République sur l’essentiel des ressources dévolues à l’Action sociale à travers la Délégation Protection Sociale et à la Solidarité Nationale.
Par ailleurs, on ne peut que déplorer la déficience de la chaîne de commandement du Ministère en charge de la Santé, qui semble accaparé par ses grands dossiers nationaux, dont la presse se fait quotidiennement et de manière abusive, l’écho.
Cela se fait au détriment des réseaux de soins de proximité que constituent les districts sanitaires, dont la plupart des activités sont financées par les partenaires techniques et financiers, qui contournent parfois les autorités sanitaires régionales. De plus, la politique de décentralisation, avec l’adoption récente de l’Acte 3, élaboré dans la plus grande précipitation et sans une claire définition des prérogatives des différents acteurs, est venue aggraver la situation (licenciements arbitraires et abusifs, retard de salaires), contribuant à désarticuler les systèmes locaux de santé.
Quant aux structures hospitalières, elles évoluent depuis 1998, dans un contexte de Réforme Hospitalière, marqué par ce que la Banque Mondiale elle-même qualifie d’autonomie hospitalière excessive, où les procédures de contrôle sont sans efficacité réelle, ce qui est à l’origine d’une mal-gouvernance et de dysfonctionnements managériaux majeurs de la part d’administrateurs hospitaliers de plus en plus enclins à se constituer en groupe de pression.
DIVERSITE DES ACTEURS ET FAIBLESSE DE LA RIPOSTE
Face à ce tableau peu reluisant de la politique sanitaire nationale, on est surpris devant la faiblesse de la riposte de la société civile incluant les syndicats et les associations d’usagers.
Cet état de fait découle de l’extrême dispersion et de l’hétérogénéité des acteurs censés servir de contrepoids et/ou de force de propositions.
Le SAMES, censé regrouper les cadres de santé du secteur public ne concerne que les médecins. En effet les pharmaciens et chirurgiens-dentistes dont la très grande majorité évolue en dehors du secteur public sont très peu représentés dans ce syndicat, qui vient de leur offrir, lors de son dernier Congrès, la possibilité d’adhésion.
Le syndicat des médecins privés et les ordres professionnels (médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes) dans lesquels les praticiens privés jouent les premiers rôles sont plus mus par la défense d’intérêts corporatistes et se prononcent rarement sur la politique sanitaire mise en œuvre par le gouvernement.
Le déclin démocratique du SUTSAS a conduit à l’émergence d’organisations rivales telles que le SYNTRAS, le SAS, le SUDTM/FGTS. Cette baisse de la représentativité du SUTSAS, qui risque de s’accentuer en raison du vieillissement progressif de ses cadres syndicaux, s’accompagne d’un enrôlement – sur des bases extra-syndicales et de clientélisme – de personnels de soutien (cuisine, nettoiement…) et d’agents de santé communautaire.
En outre, il est aisé de constater qu’infirmiers d’Etat et sages-femmes d’Etat se reconnaissent davantage dans leurs organisations professionnelles que sont l’ANIIDES et l’ANSFES. Plusieurs d’entre eux, devenus techniciens supérieurs de santé délaissent de plus en plus l’activité syndicale militante et privilégient leurs propres associations (kinésithérapeutes, techniciens en réanimation, radiologie…)
On assiste ainsi à l’embrigadement de jeunes et nouveaux militants, dont la plupart sont caractérisés par la précarité de leurs statuts et une immaturité syndicale notoire par des aristocraties syndicales locales, confluant en lobbies nationaux ne roulant que pour leurs propres intérêts.
A la faveur de la Réforme Hospitalière, les établissements publics de santé ont vu le développement fulgurant de personnels administratifs et de soutien.
Les Conseils d’Administration sont eux-mêmes caractérisés par la prédominance d’acteurs non sanitaires provenant de l’Administration centrale et de personnalités qualifiées très souvent choisies sur des bases clientélistes. Les personnels ne sont représentés que par un seul délégué, tandis que les cadres de santé y siègent par l’intermédiaire du président de la CME.
Les représentants des usagers sont désignés de manière discrétionnaire par les bureaux des associations de consommateurs, sur lesquelles les citoyens des quartiers polarisés par la structure n’ont aucune prise.
Les acteurs communautaires jouent un rôle très important au niveau des systèmes de santé des districts. L’essentiel du fonctionnement courant des structures est financé par les recettes gérées par les comités de santé et issues de la participation des populations à l’effort de santé.
La mise en œuvre des programmes de santé nécessite l’enrôlement avec l’aide des organisations communautaires de base, de relais communautaires et de badjenou gox, qui jouent un rôle de plus en plus important dans le système sanitaire alors qu’ils ne bénéficient d’aucun statut clairement défini.
On aboutit à un enchevêtrement d’acteurs provenant d’origines diverses (Etat, Universités, collectivités locales, communautés…) au niveau du système sanitaire, avec émiettement de leurs prérogatives, ce qui complexifie d’autant la coordination.
C’est dire que s’il faut se réjouir de la nouvelle loi sur le statut du personnel hospitalier il est impératif de prendre en compte la nécessité de mesures d’accompagnement. Faute de quoi, la mise en œuvre de ce nouveau statut risque de conduire à la non-soutenabilité de la masse salariale, sans oublier le hiatus prévisible entre les personnels hospitaliers et les autres catégories (ceux évoluant dans l’administration régionale et centrale ainsi que les agents du système de santé de district).
ABSENCE DE DIALOGUE SOCIAL DANS LES STRUCTURES SOCIO-SANITAIRES
Cette diversité dans la provenance des acteurs, au sein du système de santé, la raréfaction des ressources doublée d’une mauvaise gestion (corruption, conflit d’intérêts, recrutement abusif de personnel non qualifié, gestion non démocratique des ressources humaines), donne lieu à des tensions sociales récurrentes et exacerbées. Tout cela intervient dans un contexte de collusion manifeste entre les 2 ordres de lobbies que constituent des membres de l’administration sanitaire et certains états-majors syndicaux, qui ne s’opposent que quand leurs intérêts divergent sur des questions ponctuelles.
Certains leaders syndicaux, au lieu de revendiquer un dialogue social conestructif, apportent leur caution à la domestication des organisations censées défendre les travailleurs et les consommateurs, d’où la transformation des organes délibérants en caisses de résonance, au profit d’intérêts occultes.
C’est pour juguler les mouvements revendicatifs des travailleurs, que les structures sanitaires – particulièrement, les hôpitaux- deviennent de plus en plus des espaces de non-droit, où les travailleurs sont intimidés et où le droit à l’information du public ainsi que la liberté de réunion sont bafoués.
Nous citerons à titre d’exemples, le cas de Guy Marius Sagna et celui de Cheikh Seck, victimes de répression injustifiée durant l’année 2015, pour avoir dénoncé, l’un, une gestion peu orthodoxe à Sédhiou et l’autre, des attributions nébuleuses de marchés à HOGGY.
QUELLES PERSPECTIVES DE SORTIE DE CRISE ?
C’est parce que le système public de santé de notre pays s’achemine lentement, mais sûrement vers une crise majeure et que l’accessibilité aux soins risque d’être progressivement compromise, malgré le tapage folklorique sur la couverture maladie universelle, que nous pensons qu’il est temps de réagir.
Nous voulons, avec l’aide de la société civile, amener les communautés à s’impliquer réellement dans la prise en charge de leur santé, depuis la planification jusqu’au suivi-évaluation, en passant par la mise en œuvre.
Cela passe par la neutralisation de certains groupes de pression, qui ont choisi de faire de structures à vocation humaniste voire humanitaire des vaches à lait en vue d’un enrichissement accéléré.
Nous saluons la mise sur pied par le SAMES, le SYNTRAS, la CNTS/Santé et le SUDTM/FGTS d’une structure dénommée Syndicats de la santé dans l’action unitaire (2S.A.U). Nous exhortons ces camarades à s’engager davantage sur les questions liées à la gouvernance sanitaire et à la gestion démocratique du personnel, contre des pratiques de corruption et de clientélisme, en complicité avec les décideurs locaux.
Nous souhaitons également, que les pouvoirs publics restaurent la plénitude de leur leadership au niveau du Ministère de la Santé et de l’Action sociale, aussi bien au niveau du système de district, celui des établissements publics de santé, que celui des services sociaux, dans les secteurs public et privé.
Pour relever ces défis et beaucoup d’autres, nous comptons élever d’un cran la lutte contre la mal-gouvernance sanitaire, engager une campagne d’explication à l’endroit des usagers du service public en général, mais plus particulièrement des professionnels de santé, des chercheurs en sciences sociales, des responsables d’ONG, des élus locaux, des leaders d’opinion et personnes ressources…etc., afin de constituer une Coalition pour la Santé.
La réussite d’une telle entreprise suppose la neutralisation des puissants lobbies, qui ont pris notre système sanitaire en otage.

Dr Mohamed Lamine LY

A.G. CONSTITUTIVE DU SYNDICAT DEMOCRATIQUE DES TRAVAILLEURS DE LA SANTE ET DU SECTEUR SOCIAL (S.D.T. 3S)

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DECLARATION LIMINAIRE POUR LA MISE SUR PIED DU SDT/3S

Mesdames, messieurs les journalistes !

Nous, membres du Groupe de Réflexion et de Résistance pour la Sauvegarde du SUTSAS/Authentique (G2RS/SUTSAS), vous remercions très chaleureusement de votre présence à la conférence de presse de ce jour.

Permettez-nous, mesdames et messieurs les journalistes, un bref retour en arrière en vue d’expliciter le sens de notre démarche que d’aucuns ont vite fait de caractériser de fractionniste!

Nous avons, en effet et bien malgré nous, pris la résolution de franchir une étape qualitativement supérieure dans notre entreprise opiniâtre de sauvegarde de notre outil syndical, qu’a jusqu’à présent constitué le SUTSAS.

Notre groupe de résistance né à la veille du congrès de 2007, se voulait, à l’entame, un creuset de réflexions et de propositions adressées aussi bien aux pouvoirs publics qu’à la direction et aux militants du   syndicat.

Nous avions, jusque-là, délibérément opté de nous mouvoir au sein de notre organisation syndicale, malgré des menaces à peine voilées, de sanctions administratives avec la complicité des autorités du Ministère en charge de la Santé, visant les animateurs de notre groupe.

Le summum de ces actes hostiles, contraires à la morale et à l’éthique syndicale  a été atteint par la pseudo-exclusion de certains d’entre nous proposée par le Bureau Exécutif de la Région (BER) de Dakar, début octobre 2013 et prétendument entérinée par la réunion du Comité Exécutif National tenue le 02 mars 2014.

 Nous avions, à l’époque, récusé cette « auto-exclusion », concept qui n’existe pas dans les statuts du SUTSAS, car nous étions convaincus, que la procédure avait été biaisée, du fait que nous n’avons jamais été entendus par les instances régulières de notre syndicat, comme le prévoit l’article 35 de ses statuts.

Toutefois, c’est à partir de 2004 que se manifestèrent les premières tendances déviationnistes de certains dirigeants du SUTSAS.

Ces dérives syndicales n’étaient certes pas spécifiques au Secteur de la Santé et de l’Action Sociale mais entraient dans le cadre plus général de l’offensive du régime libéral d’alors contre le mouvement syndical, qu’il s’efforçait d’arracher à l’influence des partis de gauche, qui y disposaient de fortes positions.

Toujours est-il que c’est lors du Congrès de 2007, qu’allaient se cristalliser les tentatives de mainmise de certains membres du bureau sur le SUTSAS, sous la bannière du vocable de « syndicalisme de développement », qui ne semble être qu’une variante de la participation responsable, contrairement à l’essence de notre orientation basée sur l’autonomie syndicale.

C’est ainsi que le camp du secrétaire général, grâce à une manipulation éhontée de la vente des cartes au niveau de certaines sections, particulièrement celle de l’hôpital Aristide Le Dantec, s’est arrangé pour disposer d’un nombre considérable de délégués. Il se plaçait ainsi, de fait, en position de force, lors des marchandages avec les autres délégués pour constituer les nouvelles instances.

Ce « coup d’état syndical » confirmait le diagnostic sans complaisance de la pratique syndicale au sein du SUTSAS, tel que nous l’avions posé.

Des violations flagrantes des normes démocratiques étaient constatées, notamment :

  • le non-respect de la périodicité de tenue des Congrès ordinaires,
  • l’opacité dans la vente des cartes conduisant à une désignation tronquée des délégués
  • le tripatouillage des textes régissant notre organisation syndicale, permettant de contourner les dispositions statutaires sur les prérogatives et la limitation du nombre de mandats du secrétaire général.

Tout cela a facilité  la confiscation des organes dirigeants et des ressources du syndicat, par un groupe, dont certains membres n’avaient même plus la qualité de travailleurs en activité.

Les nouveaux bonzes syndicalistes, n’ayant rien à envier aux syndicalistes affairistes de triste mémoire, ont exercé leur emprise et continuent d’accentuer leur mainmise sur le syndicat par le biais du SEP (secrétariat exécutif permanent).

Le non-respect de la périodicité des réunions du BEN et du CEN respectivement établies par les statuts à 2 et 6 mois et la démobilisation des sections syndicales devenues léthargiques, car dépossédées de leurs prérogatives et très peu associées à la vie de l’organisation ont fait de ce secrétariat permanent, censé gérer les affaires courantes, un instrument redoutable pour contourner les instances régulières du syndicat.

C’est l’absence de contrôle de la base sur les dirigeants qui est à l’origine des dérives constatées lors des différents mouvements du SUTSAS.

Nous citerons comme illustration, la grève-marathon de trois mois qui s’est déroulée du 10 mai au 13 août 2011. Soucieux, avant tout, d’occulter la tenue du congrès statutaire prévu en avril 2010, mais aussi d’étoffer leur bilan syndical plus que squelettique, le BEN du SUTSAS, ayant torpillé sans état d’âme, l’embryon de Fédération des syndicats de la Santé en construction, avait décrété cette longue grève, qui s’est terminée en queue de poisson, sans aucun acquis tangible.

Mesdames, messieurs les journalistes !

Venons-en maintenant au tournant historique de la déviation syndicale constitué par le fameux congrès sans débat de 2012, qui s’était tenu à huis clos au Méridien Président. L’accès à la salle de délibérations avait été interdit à des délégués dûment mandatés, l’exemple type étant Cheikh Seck, secrétaire général de la section HOGGY, qui a vendu des cartes pour un montant de 350.000 F versés au niveau de la caisse nationale du syndicat, le reçu faisant foi.

Au même moment, d’éminents membres du bureau sortant n’avaient aucune légitimité pour assister aux travaux du Congrès et étaient contraints de jouer aux passagers clandestins dans les délégations du Centre National de Transfusion Sanguine (C.N.T.S.) ou celle des préventionnistes. Nous citerons l’actuel secrétaire général, alors gestionnaire au C.N.T.S, mais présenté au Congrès comme délégué des préventionnistes, des retraités provenant de structures diverses !

 Jamais congrès syndical ne s’était tenu dans une telle confusion !  La désolation et la crainte pour l’avenir avaient marqué la fin des travaux. Par ailleurs, eu égard à la nébuleuse immobilière de NAMORA, on avait eu l’impression, que certains recherchaient une « immunité syndicale », en se réfugiant dans les instances de direction. Mais peine perdue, les procédures judiciaires sont en cours et les coupables ainsi que leurs complices ne perdent rien pour attendre !

Toutes ces pratiques antidémocratiques, ont fini de nous conforter sur la pertinence de notre combat pour un syndicalisme basé sur des valeurs et la justice sociale.

Mesdames et messieurs les journalistes !

Depuis 2012, des membres de notre groupe ont été victimes d’ostracisme voire de répression ouverte. Nous voudrions rappeler les cas les plus caractéristiques de Cheikh Seck et de Guy Marius Sagna.

Pendant que le camarade Sagna était arbitrairement  muté de Sédhiou pour avoir fustigé la gestion peu orthodoxe de l’Etablissement Public de Santé, Cheikh Seck, responsable syndical et représentant du personnel dans le Conseil d’Administration de HOGGY était affecté à la Direction des Etablissements de Santé, pour avoir dénoncé des attributions supposées nébuleuses de marchés.

C’est ce qui nous conduira à adresser une lettre ouverte à Mr le Président de la République, lettre dans laquelle, nous attirions son attention sur « la contradiction flagrante entre son ambition proclamée de gestion sobre et vertueuse et les pratiques de magouille au niveau du système socio-sanitaire, par ceux qui sont chargés de donner corps à sa vision ». Et nous manifestions alors notre totale incompréhension devant ces affectations arbitraires et illégales touchant des pionniers de la lutte anti-corruption, pour protéger des gestionnaires ayant des pratiques aux antipodes de la bonne gouvernance.

Tout cela dans le silence coupable des états-majors des syndicats et la bénédiction des hautes autorités du Ministère de la Santé et de l’Action Sociale.

Depuis lors, le camarade Cheikh Seck a été rétabli dans ses droits par la Justice de notre pays, alors que l’infatigable Guy Marius Sagna poursuit sa carrière et ses activités syndicales à Dakar.

Mesdames et messieurs les journalistes !

Tous ces travers observés dans la pratique syndicale du SUTSAS, ne sont pas sans occasionner des conséquences catastrophiques.

On note en premier lieu l’extrême dispersion et l’hétérogénéité des acteurs censés servir de contrepoids et/ou de force de propositions. A notre avis, cela est à l’origine de la faiblesse de la riposte des syndicats.

Face à la déficience du leadership de l’Etat, des groupes maffieux prennent les structures socio-sanitaires en otage, pour créer des rentes de situation, qui leur sont favorables.

C’est ainsi qu’il n’est pas exagéré de dire que non seulement le SUTSAS porte une grande part de responsabilité dans l’échec de la Réforme Hospitalière, mais aussi dans la situation délétère qui règne dans la quasi-totalité des hôpitaux sénégalais, comme vient de l’illustrer la révolte des populations de Saint-Louis contre certaines formes de luttes syndicales, qui mettent trop l’accent sur des préoccupations bassement carriéristes aux dépens des légitimes aspirations des communautés à des soins de qualité et financièrement accessibles.

Ce manque de liaison avec les préoccupations des populations va de pair avec une désaffection croissante des travailleurs de la Santé et de l’Action sociale à l’endroit des organisations syndicales. Nous n’en voulons pour preuve que le fort taux d’abstention aux dernières élections des représentants du personnel étatique aux commissions administratives paritaires et aux conseils de discipline.

C’est dire que s’il faut se féliciter de la nouvelle loi sur le statut du personnel hospitalier, il ne faudra jamais perdre de vue que l’absence de mesures d’accompagnement risque de conduire à la non-soutenabilité de la masse salariale, sans oublier le hiatus prévisible entre les personnels hospitaliers et les autres catégories (ceux évoluant dans l’administration centrale et régionale ainsi que les agents du système de santé de district).

Mesdames et messieurs les journalistes !

Nous ne finirons pas cette déclaration liminaire sans parler du sort fait à nos collègues du secteur social, dont certains viennent d’ailleurs de se constituer en syndicat.

Les travailleurs sociaux, qui pensaient qu’avec le rattachement de l’Action Sociale au Ministère en charge de la Santé leur sort allait s’améliorer, ont dû vite déchanter.  Avant tout, il faut déplorer  le fait que la Direction Générale de l’Action sociale soit dessaisie de ses prérogatives et missions régaliennes au profit de la Délégation Protection Sociale et à la Solidarité Nationale, de même que les faibles budgets dévolus à tous les échelons du sous-secteur de l’Action sociale (du CPRS de quartier à la Direction Générale).

Il serait également souhaitable de valoriser les ressources humaines issues du sous-secteur de l’Action Sociale, en leur confiant des postes de responsabilité.

Mesdames et messieurs les journalistes !

A l’impossible, nul n’est tenu !

Notre souci a toujours été la préservation de l’unité organisationnelle du SUTSAS. Nous savons que nous bénéficions du soutien de l’immense majorité silencieuse des militants du SUTSAS, dont beaucoup semblent nous reprocher le retard pour la mise en place d’une nouvelle organisation syndicale.

C’est la raison pour laquelle nous estimons le moment venu de passer à une autre étape.

Nous entretenons également d’excellents rapports avec les autres syndicats que nous avons d’ailleurs invités à la manifestation de ce jour.

Nous demeurons convaincus, que face à l’émiettement du mouvement syndical dans le secteur de la Santé et de l’Action sociale, notre objectif commun doit être de mettre sur pied une Fédération des syndicats des travailleurs de la Santé et de l’Action sociale.

C’est pourquoi nous préconisons la transmutation du groupe de réflexion et de résistance pour la sauvegarde du SUTSAS authentique en un syndicat démocratique et de rupture.

Nous lançons, à compter de ce jour, un appel à tous les militants syndicaux et aux travailleurs indépendants, à rejoindre le comité d’initiative pour la création d’un syndicat démocratique voué à la  lutte.

Ce comité sera chargé de réfléchir sur les projets de manifeste, de statut et de règlement intérieur.

C’est donc, contraints et forcés que nous nous engageons vers la création d’un nouveau cadre syndical, tout en ayant en ligne la mise sur pied d’une Fédération des syndicats des travailleurs de la Santé et de l’Action sociale.

Nous vous remercions de votre attention !

 

ACTE 3 DE LA DÉCENTRALISATION ET SANTE: TRANSFERT D’INCOMPÉTENCES !

GALSENSPRING

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Le licenciement d’un médecin à Grand-Dakar et le limogeage d’un autre à Hann-Bel Air, œuvres obscures de maires n’ayant pas encore pris la pleine mesure de leurs nouvelles responsabilités, amènent de plus en plus d’observateurs, à se demander, si l’objectif initial de l’Acte 3 de la décentralisation, qui était de « faire émerger des territoires viables, compétitifs et porteurs de développement durable » n’est pas en train d’être dévoyé.

Une autre interrogation pertinente ayant trait au processus de décentralisation dans notre pays consiste à se demander si les collectivités locales de notre pays ont les capacités techniques, administratives et financières pour prendre en charge le transfert (en vigueur depuis 1996) de la compétence Santé et Action sociale.

L’expérience concrète montre que, durant la phase 2 de la décentralisation (1996 – 2014), l’écrasante majorité des structures sanitaires de notre pays (districts, établissements publics de santé) ont vu une importante partie de leurs ressources…

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Nécrologie : Les syndicats de la Santé en deuil: Disparition d’Abdou Diéye, Sg de l’Union régionale de Dakar du Sutsas

abdou_dièyeiGFM – (Dakar) C’est dimanche 9 août dernier que l’irréparable s’est produit à hauteur de Fass Mbao, sur la route nationale n°1, alors qu’Abdou Diéye, secrétaire général de l’Union régionale du Sutsas voulait traverser la route pour rentrer à Sicap Mbao, il était 21 heures.
Il a trébuché est tombé au milieu de la route, c’est à l’instant, qu’un bus de Dakar Dem Dikk est venu le percuter de plein fouet. Le choc était tel, que le syndicaliste ne pouvait plus se relever.
Hélas ! Il est décédé des suites de ses blessures. Il a été inhumé lundi 10 août dans son terroir, à M’Pal dans la région de Saint-Louis.
A noter que le syndicat travaillait à l’hôpital Aristide Le Dantec, avant d’être affecté à Gaspard Camara…

 Sékou Dianko DIATTA

Nécrologie

MEMORANDUM DES MCD* DE DAKAR SUR LES CONSEQUENCES DE L’ACTE 3 DE LA DECENTRALISATION ET DE LA REFORME DU DISTRICT SUR LE SYSTEME DE SANTE

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INTRODUCTION

Au cours du mois d’août 2014 s’est tenu à la Somone (département de Mbour), un atelier sur la réforme des districts. C’était la troisième d’une série de rencontres ayant débuté au mois de février 2014 à l’hôtel Amaryllys de Saly, la deuxième ayant eu lieu au mois de mai 2014 à l’hôtel Palm Beach.

L’objectif annoncé de ces réunions était d’élaborer la contribution du Ministère de la Santé et de l’Action sociale (MSAS) à l’acte 3 de la décentralisation. Mais, dans la réalité, il s’avère de plus en plus que certains fonctionnaires du MSAS, dont certains collègues médecins, veulent profiter de la réforme de l’acte 3 de la décentralisation, pour introduire subrepticement la réforme du district sanitaire.

Depuis les lois de la décentralisation de 1996, les compétences Santé et Action Sociale avaient été transférées aux Collectivités Locales.

Au niveau des districts, ce transfert devait s’exercer à travers un comité de gestion dirigé par le Président de la collectivité locale et comprenant outre le chef de la structure socio-sanitaire, le Président et le Trésorier du comité de santé. C’est ainsi que les postes  et centres de santé étaient gérés par les collectivités locales où elles étaient implantées.  (Communautés rurales, communes de plein exercice ou communes d’arrondissement dans les Villes).

Concernant le système hospitalier, les Présidents des conseils régionaux dirigeaient les conseils d’Administration des structures hospitalières que sont les EPS1 et EPS2.

CONTEXTE ET JUSTIFICATION

La réforme de l’acte 3 a été initiée, sans une évaluation préalable des lois sur la décentralisation de 1996, qui ont connu de nombreux dysfonctionnements:

  • Léthargie ou non-fonctionnalité des comités de gestion,
  • Absence de mise à disposition partielle ou totale des fonds de dotation décentralisés au niveau des structures sanitaires (districts, hôpitaux),
  • Absence de définition des rôles et responsabilités des différents acteurs,
  • Non prise en compte du concept de district sanitaire par les textes de la décentralisation,
  • Insuffisance de l’implication des collectivités locales dans les activités préventives et promotionnelles de santé,
  • Déficit de promotion, par les collectivités locales, de la participation communautaire

On ne peut, ensuite, que déplorer le fait que certains hauts fonctionnaires essaient de profiter de la réforme de la décentralisation pour remettre en cause l’organisation des services locaux au sein du Ministère de la Santé et de l’Action sociale, esquivant ainsi la nécessité d’un débat de fond sur la réforme du district.

Il a également été suggéré de séparer les fonctions de soins et de gestion, ce qui se traduirait par la suppression du cumul des fonctions de médecin-chef de district  et de médecin-chef du centre de santé de référence.

Les comités de santé, organes de participation communautaire, devraient disparaître et être remplacés par des comités de développement de la Santé devant être présidés par les maires.

Il a été évoqué la possibilité d’ériger les centres de santé en établissements publics de santé de niveau 1 (EPS1) dont les conseils d’administration seront présidés par les présidents des conseils départementaux ou les maires de Villes.

Au total, il semble que les changements annoncés cherchent à dessaisir les cadres de santé aussi bien du leadership technique au sein de leur  Ministère de tutelle que des directions des structures sanitaires au profit d’autres catégories de personnel, dont la plupart ne satisfont pas aux critères académiques requis.

On note aussi une tendance très marquée à privilégier les établissements hospitaliers au détriment du système de santé de district.

Par ailleurs, les réformes proposées ne tiennent aucun compte des leçons tirées de la gestion peu satisfaisante du transfert de la compétence Santé et Action sociale aux collectivités locales, depuis 1996.

Enfin, le risque est grand qu’on assiste à un affaiblissement du processus de participation communautaire.

REFORME DU DISTRICT SANITAIRE

L’option privilégiée par le Ministère semble être de revoir les districts dans leur configuration actuelle, en leur faisant épouser les limites des départements actuels, ce qui se traduira par la création de  45 services départementaux de la santé et de l’action sociale (SDSAS), en lieu et place des 76 districts actuels, dans le souci de répondre à la nouvelle Collectivité locale qu’est le Département. Il est prévu, en outre, la création de zones sanitaires au niveau de toutes les communes, ce qui pose un problème de cohérence, mais surtout d’équité en raison de la variabilité de la carte sanitaire et de la disparité des plateaux techniques des structures socio-sanitaires au sein des innombrables communes que compte désormais notre pays.

D’autres évoquent le fait que l’acte 3 étant un texte de loi, de portée générale, n’a pas vocation de traiter de l’organisation des services au niveau des différents ministères (District sanitaire pour le Ministère de la Santé, Inspection de l’Education et de la formation, Secteur pour l’Environnement notamment les Eaux et Forêts, ou Subdivision pour les Travaux Publics, Zone militaire pour les Forces armées…etc.).

Là également, rien ne justifie ce choix, car cette nouvelle réforme (qui préconise la communalisation universelle et la  départementalisation), devrait simplement se traduire par une répartition des attributions de la défunte Région entre les deux ordres de collectivité locale reconnus par l’acte 3 que sont le Département et la Commune.

De plus, nul ne peut contester le fait que les districts sanitaires puissent se prévaloir de réalisations concrètes dans plusieurs domaines :

  • la mise en œuvre des activités préventives (vaccinations, éradication de la polio, contrôle de la rougeole, suivi pré- et postnatal, planning familial, …)
  • la survie de l’enfant (lutte contre les maladies diarrhéiques, suivi et promotion de la croissance, supplémentation en micronutriments…)
  • la baisse spectaculaire de l’incidence du paludisme
  • la prise en charge décentralisée et gratuite de la tuberculose et du sida,
  • le dépistage et la gestion des maladies non transmissibles et
  • la surveillance épidémiologie et la riposte aux épidémies, dont la dernière en date est la FVH Ebola

Rien ne justifie donc, à priori, la remise en cause du district sanitaire, dans son format actuel, qui est  une aire géographique de proximité, dont la densité du maillage garantit aux populations la proximité du personnel de santé, gage d’équité, en conformité avec la philosophie, qui sous-tend  la couverture sanitaire universelle.

Le remplacement des districts par les services départementaux de la santé et de l’action sociale pose un certain nombre de problèmes :

  • En réduisant le nombre de districts à 45, on semble vouloir ″centraliser″ le système de santé local, à savoir le district, au moment où on décentralise les collectivités locales. On ne peut vouloir une chose et son contraire.
  • Le souhait des autorités de faire coïncider les limites de chaque district avec celles du département correspondant va aboutir à la création d’entités surdimensionnées avec des populations entre 500.000 et 1.000.000 d’habitants (Dakar, Thiès). Or l’OMS définit le district comme une unité administrative comprise entre 50.000 et 300.000 habitants.
  • La coordination entre les différents acteurs va être rendue plus difficile par l’éclatement des pouvoirs de décision : service départemental de la santé et de l’action sociale, préfecture, département en tant que collectivité locale, établissements publics de santé, centres de santé, postes de santé…

ERECTION DES CENTRES DE SANTE EN EPS1

Le projet d’ériger les centres de santé en établissements publics de santé, (projet cher à la cohorte d’administrateurs hospitaliers tapis au sein de la DES) couplé à la volonté de supprimer les districts sanitaires conduirait à transposer la crise hospitalière au niveau du système de santé local et sonnerait le glas de la stratégie des soins de santé primaires.

Il aurait été mieux indiqué de procéder d’abord à l’évaluation de la première génération d’établissements publics de santé de niveau 1.

Il semble bien qu’il s’agit là d’un passage à l’échelle d’expériences non réussies que constituent la Réforme Hospitalière et l’érection des centres de santé de référence de certains districts en EPS de niveau 1.

Tout le monde se rappelle du décret n°2010-774 du 15 juin 2010,  qui a consacré l’érection des  centres de santé de référence de 10 districts sanitaires en Etablissements Publics de Santé (EPS) de Niveau1 (Guédiawaye, Rufisque, Touba, Tivaouane, Mbour, Linguère, Kaffrine, Richard-Toll, Sédhiou et Dakar-Sud) et ses conséquences catastrophiques en termes de santé publique.

Les pouvoirs publics avaient avancé, à l’époque, entre autres prétextes, celui  du renforcement du parc hospitalier national et la nécessité du relèvement du plateau technique.

Dans la réalité, les plateaux techniques de ces nouveaux EPS1 se sont dégradés à cause du manque d’appui budgétaire et de renforcement d’équipements de part de l’Etat. En même temps les ressources générées par ces structures servent à uniquement à motiver le personnel conformément aux dispositions en vigueur qui réglementent les Etablissements Publics de santé. Cette situation a pour conséquences :

  • Absence de ressources pour l’entretien des locaux et l’acquisition d’équipements
  • Rupture dans la continuité de certains services
  • Relèvement des prix des tickets de prestations sans se soucier du pouvoir d’achat des populations (diminution de fréquentation, orientation des patients vers d’autres structures).

Au niveau des dix districts concernés par ce décret, il a été constaté d’innombrables difficultés,  surtout dans  ceux d’entre eux qui ne disposaient pas d’un centre de santé secondaire, pour y transférer l’activité dite de santé publique. C’est ainsi que la maternité du centre de santé de  Guédiawaye qui, après fermeture de la maternité de Le Dantec, était classée première maternité, du point de vue du nombre d’accouchements, allait rapidement  péricliter.

En mai 2013, les travailleurs de l’hôpital Youssou Mbargane Diop de Rufisque se sont plaints du fait que, malgré leur changement de statut, leur nouvel EPS1 n’avait connu aucune amélioration de son plateau technique.

Au cours de la même période, les Organisations communautaires de base (OCB) du district de Dakar-Sud ont saisi le préfet du département de Dakar et informé l’opinion nationale de la situation de déliquescence  de leur district, en proie à de graves difficultés suite à l’érection du centre de santé de l’IHS en EPS1. Des problèmes similaires sont rapportés à Kaffrine, Sédhiou…etc.

Des programmes tels que ceux destinés à lutter contre la tuberculose et le sida ont connu de sérieuses difficultés. C’est ainsi que les gestionnaires de programmes rattachés au ministère de la Santé se sont plaints des incidences négatives de la désarticulation du système de santé des districts concernés sur la coordination des activités et même sur les indicateurs (flambée de tuberculose à Guédiawaye mise en évidence lors d’une réunion de l’ONG Plan, chute des performances de l’hôpital Roi de Baudouin en matière de lutte contre la mortalité maternelle, fermeture du centre de dépistage volontaire et anonyme au district sud…etc.).

Cette décision d’ériger des centres de santé de référence en EPS1 était d’autant plus injustifiée que  le système hospitalier était  plongé dans une crise profonde.

CRISE PROFONDE DU SYSTEME HOSPITALIER

Il faut dire que jusqu’au milieu des années 90, le système hospitalier sénégalais battait de l’aile, victime de la pesante tutelle de l’administration centrale avec une détérioration de la qualité des soins à cause de plateaux techniques obsolètes, de ruptures de stock de médicaments, consommables et réactifs, de conditions d’hôtellerie désastreuses…

C’est à cause de lourdeurs administratives et d’entorses dans les procédures de gestion dans les hôpitaux que la Réforme Hospitalière avait été initiée. En effet, ces travers ont conduit à une inefficacité budgétaire, faisant reposer l’essentiel des dépenses de santé sur les ménages, même dans le secteur dit public. Cela conduisit à l’adoption, en 1998, de la loi portant réforme hospitalière et celle relative à la création, à l’organisation et au fonctionnement des établissements publics de santé. La Réforme hospitalière avait pour ambition de combiner l’exigence du service public avec l’esprit d’entreprise propre au secteur privé. Or, la première fausse note de cette nouvelle réforme hospitalière a été le recrutement d’un personnel pléthorique, sur la  base de considérations clientélistes, ce qui allait entraîner des effets pervers avec  une insuffisance des personnels qualifiés,  l’augmentation vertigineuse de personnels non qualifiés et l’explosion de la masse salariale.

C’est ainsi que, malgré cette réforme, la crise du système hospitalier ne connut aucune accalmie mais plutôt une aggravation manifeste, se traduisant par des grèves cycliques. Les difficultés étaient liées à un endettement sans précédent des hôpitaux dû principalement à de ruineuses politiques de gratuité (plan sésame), mais aussi à des dépassements budgétaires de triste mémoire au niveau des EPS.

Malgré tous ces travers qui avaient donné lieu à une grande Concertation Nationale sur le système hospitalier, en octobre 2006, les autorités du Ministère en charge de la Santé se refusent encore à réformer la Réforme Hospitalière et persistent dans l’erreur, en projetant d’élargir le parc hospitalier national au détriment  des districts sanitaires.

En réalité, certains décideurs semblent trouver leur compte dans le fonctionnement de ces établissements publics de santé censés jouir d’une autonomie de gestion, en y plaçant comme directeurs des obligés, sous l’œil complaisant de conseils d’administration ressemblant à s’y méprendre à des caisses de résonance.

A cet égard, la suppression envisagée des comités de santé, sans mesures d’accompagnement, va compromettre l’autonomisation des communautés, d’autant que la représentation des usagers, telle qu’elle se fait actuellement au sein des conseils d’administration, est loin de répondre à des normes et principes démocratiques. Il s’agit, le plus souvent, d’une cooptation discrétionnaire de membres d’organisations sans véritable assise locale.

LE SYSTEME DE SANTE DE DISTRICT ET SES LIMITES

Malgré la contribution remarquable des systèmes de santé de district à l’accessibilité des masses populaires aux soins essentiels, force est de constater que certaines insuffisances ont été notées surtout pour ce qui est de la prise en charge des maladies non transmissibles, des urgences médicales, chirurgicales et gynéco-obstétricales et aussi en rapport avec la qualité des soins.

Cet état de fait est lié aux facteurs suivants :

  • Le déficit de personnels qualifiés particulièrement marqué en zones suburbaine et rurale avec une pléthore d’agents de santé communautaires ;
  • Le manque d’équipements et de matériel biomédicaux
  • Les dysfonctionnements du système d’orientation-recours dus à des structures privilégiant des critères de rentabilité financière sur ceux en rapport à l’accès universel à des soins de qualité,
  • Le désengagement de l’Etat, le plus souvent lié à des plans d’ajustement structurel inspirés par le FMI et la BM
  • La réticence des médecins à exercer dans les zones rurales du fait du mauvais traitement salarial
  • Les faibles capacités des collectivités à réaliser leur propre vision.

ADAPTATION DES DISTRICTS AUX NOUVELLES EXIGENCES

Néanmoins, des efforts indéniables ont été faits pour lever les contraintes entravant le développement des systèmes de santé locaux. C’est ainsi que des mutations sont intervenues dans certains districts sanitaires, qui ont tenté de s’adapter au nouveau profil épidémiologique caractérisé par l’émergence des maladies cardiovasculaires, métaboliques et tumorales, en recrutant des médecins vacataires et en organisant des vacations de spécialistes. On a également pu observer le renforcement du système de santé à partir des ressources propres des structures de soins (achat d’équipement et de matériel médical, recrutement de personnel, voire travaux de génie civil). Enfin, dans le cadre de l’amélioration de la gouvernance sanitaire, certains districts sanitaires, ont de par leur propre initiative mis en place des logiciels de gestion en vue d’une gestion plus transparente des recettes issues de la participation financière des populations à l’effort de santé.

LA STRATEGIE DES SOINS DE SANTE PRIMAIRES PLUS ACTUELLE QUE JAMAIS.

Concernant la stratégie des soins de santé primaires, il faut rappeler, qu’après la conférence d’Alma-Ata de 1978, le concept de district sanitaire sera légitimé à la conférence de l’OMS tenue du 3 au 7 août 1987 à Hararé (Zimbabwé).

La déclaration issue de ces assises insistait sur le renforcement du district de santé basé sur les soins de santé primaires. Cela impliquait entre autres une approche décentralisée de la gestion des ressources et du processus de planification ainsi que la promotion de la participation communautaire et de l’intersectorialité.

Créé principalement pour combattre l’exclusion des larges masses populaires de l’accès aux soins de santé, même les plus banals, le système de district préconisait, dans la droite ligne de la conférence d’Alma-Ata, d’atteindre l’ambitieux objectif de la « Santé pour Tous », en mettant en œuvre les principes d’équité, d’efficacité, d’efficience, d’autonomie et de solidarité.

Concernant les enjeux du financement de la Santé et face à la flambée des coûts auxquels le système de santé doit faire face, l’OMS préconise la mise en place d’une Couverture Sanitaire Universelle, qui dans nos pays comporte une forte composante mutualiste et communautaire.

Si on admet que la couverture sanitaire universelle doit être couplée à la lutte contre la pauvreté et l’exclusion et qu’il y a nécessité d’agir sur les déterminants sociaux (eau potable, assainissement, disponibilité alimentaire, habitat décent…), il devient évident qu’affaiblir les districts sanitaires, clés de voûte de l’approche multisectorielle en santé, revient à compromettre la réussite de la couverture sanitaire universelle.

Il est dès lors évident que la stratégie des soins de santé primaires reste plus actuelle que jamais. C’est ainsi que la conférence d’Ouagadougou en 2008 a confirmé que la stratégie du district sanitaire demeurait plus pertinente que jamais.

POURSUITE DES EFFORTS D’ADAPTATION DES DISTRICTS AUX NOUVELLES REALITES

Il faudrait cependant l’adapter au nouveau contexte marqué par la couverture sanitaire universelle. La nécessité d’œuvrer pour la santé communautaire a été réaffirmée, particulièrement  dans les milieux dépourvus en ressources confrontés aux problèmes d’équité et d’accessibilité aux soins les plus aigus.

Il faudra, plus que jamais, veiller au renforcement des systèmes locaux de santé, à l’autonomisation des communautés, ménages et individus qui, de concert avec les professionnels de la santé, jouent un rôle dans la production de la santé.

Il ne faut cependant pas perdre de vue la possibilité qu’ont les usagers, surtout en milieu urbain, de choisir les services qui leur conviennent, en faisant abstraction des limites administratives. Il y a donc nécessité d’adapter district sanitaire surtout en  milieu urbain, en raison de la diversité de l’offre de services. Cette nouvelle donne interpelle particulièrement les prestataires appelés à faire preuve de plus de réactivité, d’autant que l’offre de services est de plus en plus diversifiée (structures publiques, privées, informelles, non-gouvernementales, confessionnelles, paramilitaires, d’entreprises…etc.).

Cela va nécessiter l’harmonisation des interventions des différents acteurs appelés à s’approprier des objectifs du PNDS.  C’est cela qui justifie l’adoption par les districts sanitaires de diverses stratégies plus ou moins nouvelles (stewardship, supervision, signature de convention, financement basé sur les résultats…).

CENTRE DE SANTE DE REFERENCE ET STRATEGIE DE DISTRICT

Le centre de santé de référence est considéré comme un établissement faisant partie d’un système complet de soins, le district sanitaire. Son rôle résulte de la répartition des tâches au sein du district et il sert de structure de référence aux postes de santé, aux centres de santé secondaires, aux structures privées confessionnelles…etc.

Il peut, dans le cadre  du renforcement des soins de santé primaires et de la promotion de la santé communautaire,  servir de moteur au district sanitaire animé par une équipe-cadre, des infirmiers chefs de postes, assistés de comités de santé et d’organisations communautaires de base.

Des structures telles que les centres de santé de référence des districts de Dakar (Philippe Maguilen Senghor, Nabil Choucair, Gaspard Kamara) offrant une gamme de services médicaux, gynéco-obstétricaux et de petite chirurgie, à côté de leur rôle de mise en œuvre et de supervision des soins de santé primaires remplissent toutes les conditions qu’on attend d’un centre de santé de référence à l’heure actuelle. Ils combinent les missions de santé publique avec les exigences de soins de qualité.

Rien ne s’oppose à ce que dans ces centres de santé de référence dirigés par des cadres médicaux (le MCD et son adjoint), la gestion soit modernisée avec un agent comptable particulier et un Conseil d’Administration, présidé par le Chef de la Collectivité locale concernée (Ville ou conseil départemental), dans lequel les acteurs locaux (dont les comités de santé qui devraient se désengager de la gestion financière) seraient mieux représentés.

CONCLUSIONS

En élaborant ce mémorandum, nos préoccupations ne sont pas simplement d’ordre corporatiste. Nous nous préoccupons plutôt de l’avenir de notre système sanitaire, au moment où certains cherchent à nous confiner au rôle peu gratifiant d’exécutants dociles de politiques sanitaires définies sans les cadres de  santé (et même parfois contre eux !).

Nous ne sommes pas non plus opposés à l’émergence de collectivités locales pleinement responsabilisées. Bien au contraire ! Une véritable décentralisation administrative constitue un facteur déterminant pour la réussite des politiques de santé.

Mais au vu de l’histoire du processus de décentralisation dans notre pays, nous pensons humblement que les pouvoirs publics devraient revoir les modalités du transfert de la compétence Santé à des Collectivités Locales encore trop politisées. Et ce d’autant que la quasi-totalité d’entre elles disposent de capacités technico-administratives encore embryonnaires et doivent faire l’apprentissage d’un véritable développement local.

* MCD: Médecins-Chefs de District

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L’ACTE 3 DE LA DÉCENTRALISATION: UN CADEAU DE NOËL EMPOISONNE ?

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En ce mois de Décembre synonyme de paix, de joie et de partage, les travailleurs municipaux et leurs familles s’apprêtent à vivre une fin d’année cauchemardesque, par la faute de l’abominable acte 3, dont on ne sait s’il se rapporte à la décentralisation ou plutôt à du théâtre de mauvais goût ! En effet, deux semaines après la fin du mois de novembre, les agents municipaux n’ont toujours pas perçu leurs salaires.

Ce dysfonctionnement n’est  que le reflet de l’amateurisme des autorités en charge de de la Gouvernance locale, qui continuent de penser qu’elles peuvent conduire une réforme d’une telle ampleur, sans une large concertation avec les acteurs de terrain et sans aménager des plages de transition.

Pour ce qui concerne le secteur de la Santé, en l’absence de toute évaluation sérieuse  de la phase 2 de la décentralisation en 1996, les mêmes erreurs sont en train d’être commises.

Tout d’abord, la politique sanitaire nationale est insuffisamment prise en compte. C’est ainsi que le district sanitaire, structure chargée de la mise en œuvre opérationnelle des programmes du ministère en charge de la Santé, a été royalement ignoré par les textes de la décentralisation. On a voulu que les collectivités locales gèrent les structures sanitaires implantées en leur sein, sans aucune approche d’ensemble ni fil conducteur, ainsi que décrits dans le plan national de développement sanitaire.  Malheureusement, les comités de gestion, organes chargés de mettre en œuvre le transfert de la compétence santé n’ont pratiquement pas fonctionné, depuis la publication du décret les instituant, essentiellement du fait de la faiblesse des capacités techniques et administratives de l’écrasante majorité des communes d’arrondissement et des anciennes communautés rurales. En outre, le transfert de moyens pour exercer ces compétences ne s’est pas fait au niveau du secteur de la Santé car,  depuis le début, les taux d’exécution des fonds de dotation décentralisés sont restés très faibles voire nuls.

Au total, la décentralisation, au lieu d’être un atout pour le développement des systèmes locaux de santé est devenue, jusque-là tout au moins, une contrainte pesante sur la mise en œuvre des programmes de santé au niveau opérationnel, gênant ainsi l’atteinte des OMD. N’eûssent été les comités de santé et les PTF, la situation aurait certainement été plus dramatique !

Malheureusement, rien n’indique qu’avec l’acte 3, les choses iront mieux !

Les communes d’arrondissement, qui jusque-là ne géraient que des postes de santé vont dorénavant se voir chargés de la gestion de centres de santé, alors qu’elles ne disposent pas de direction technique pour ce faire, à l’image de la DASS de la Ville de Dakar. L’affectation dans les communes d’arrondissement, de dizaines de travailleurs précédemment en service dans les Villes pose des défis nouveaux en matière de gestion de ressources humaines, que  ces communes arriveront difficilement à maîtriser, car la quasi-totalité d’entre elles ne dispose pas de direction des ressources humaines.

En l’absence de l’identification précise  des ressources budgétaires des nouvelles communes de plein exercice, celles-ci auront du mal à faire face à leurs multiples dépenses, dont celles liées à la masse salariale  dans un contexte de recrutements clientélistes et partisans.

Ce tableau sombre sera aggravé par les velléités hégémoniques consistant pour les gestionnaires des collectivités locales à vouloir s’affranchir de la tutelle technique du Ministère de la Santé et de l’Action sociale et à chercher à domestiquer les acteurs communautaires, dans une optique non pas de développement multisectoriel, mais exclusivement politicienne.

La tutelle technique est loin de jouer son rôle de régulation et d’arbitrage !

Les hauts fonctionnaires du MSAS semblent, en effet, habités par de  sombres desseins visant à accoler leur réforme du district à l’acte 3 et dessaisir les cadres de santé locaux du leadership technique des directions des structures et services sanitaires au profit d’autres catégories de personnel.

C’est ainsi que la réforme de la décentralisation est mise à profit pour remettre en cause l’organisation des services locaux au sein du Ministère de la Santé et de l’Action sociale, esquivant ainsi la nécessité d’un débat de fond sur la réforme du district.

Il s’agit en fait de confiner les cadres de santé dans le rôle exclusif de soignant avec le rôle peu valorisant d’exécutants dociles de projets et programmes sanitaires élaborés sans eux, par des hommes de pouvoir !

Les comités de santé, organes de participation communautaire, sont appelés à disparaître et à être remplacés par des comités de développement de la Santé devant être présidés par les maires.

Pour ce qui est de la réforme du district sanitaire, l’option privilégiée par le Ministère semble être de revoir les districts dans leur configuration actuelle, en leur faisant épouser les limites des départements actuels, ce qui se traduira par la création de  45 services départementaux de la santé et de l’action sociale (SDSAS), en lieu et place des 76 districts actuels, dans le souci de répondre à la nouvelle Collectivité locale qu’est le Département. Il est prévu, en outre, la création de zones sanitaires au niveau de toutes les communes, ce qui pose un problème de cohérence, mais surtout d’équité en raison de la variabilité de la carte sanitaire et de la disparité des plateaux techniques des structures socio-sanitaires au sein des innombrables communes que compte désormais notre pays.

Il est clair que les réformes de la décentralisation de 1996 n’ont rien apporté de positif au système national de santé, dont les ressources ont été distraites pour d’autres objectifs et vers d’autres destinations.

Les nouveaux textes de la décentralisation risquent, quant à eux, de se traduire par l’acte 3 d’une tragédie, qui se terminera par la mort du système public de santé, particulièrement celle des réseaux de soins de proximité !

 

Dr Mohamed Lamine LY

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LA SANTÉ EN CRISE : ADRESSE A L’ENDROIT DE LA SOCIÉTÉ CIVILE ET DES PERSONNALITÉS INDÉPENDANTES

MANLAFY

Le système public de santé sénégalais traverse une  crise profonde.

Il n’est de semaine où la presse ne relate le cas d’urgences médicales refoulées sans ménagement de structures de soins puis trimbalées de structure en structure avant de mourir dans des taxis ou voitures particulières.

Ces scandales spectaculaires ne sont que la face visible de l’iceberg dans un système socio-sanitaire affecté par une gouvernance pathogène et des dysfonctionnements managériaux majeurs.

Cet état de fait est le plus souvent dû à l’incapacité des structures sanitaires de fournir une offre de soins à même de faire face à une demande toujours croissante. Il est de notoriété publique, que les établissements de soins souffrent d’un manque de médicaments et consommables, de l’insuffisance de matériel et d’équipements hospitaliers, d’un déficit en ressources humaines qualifiées et motivées…etc.

Dans un contexte où même la Banque Mondiale parle d’autonomie hospitalière excessive, on note que les procédures de contrôle sont ramenées à de simples rituels administratifs, sans efficacité réelle.

Par ailleurs, les nouveaux textes de la décentralisation plus connus sous le vocable d’acte 3, auxquels certains fonctionnaires du Ministère en charge de la Santé essaient d’accoler le projet de réforme du district sanitaire, risquent de désarticuler les systèmes locaux de santé.

Enfin, la réduction drastique des budgets au sein du Ministère de la Santé et de l’Action Sociale, la mainmise de la Présidence de la République sur l’essentiel des ressources dévolues à l’Action sociale à travers la Délégation Générale à la Solidarité Nationale ainsi que les politiques de gratuité irréfléchies vont finir par compromettre l’accès des communautés aux services socio-sanitaires de base.

Comment passer sous silence la tentative de domestication des organisations censées défendre les travailleurs et les associations de consommateurs, qui cautionnent la transformation des organes délibérants en caisses de résonance, au profit d’intérêts occultes de personnalités officiant dans les hautes sphères gouvernementales ?

C’est ainsi que, de plus en plus, les travailleurs sont intimidés et sanctionnés simplement parce qu’ils assistent à des sit-in de protestation sur leur lieu de travail. Les journalistes ont de plus en plus de mal à pénétrer dans l’enceinte de certains établissements de soins devenus de fait des espaces de non-droit, où le droit à l’information du public, la liberté de réunion sont bafoués.

On assiste ainsi à une fragilisation du système sanitaire par une mauvaise gestion (corruption, conflit d’intérêts, népotisme…), le recrutement abusif de personnel non qualifié, la détérioration de la qualité des soins,  dans un contexte de collusion manifeste entre pouvoirs publics et états-majors syndicaux.

Certains militants syndicaux engagés dans la défense des intérêts des travailleurs et des usagers, ainsi que dans la lutte pour une gestion vertueuse au niveau des structures de soins font l’objet d’une répression féroce.

C’est ainsi que Guy Marius Sagna, assistant social de son état  a été arbitrairement muté, parce qu’il dénonçait la gestion peu orthodoxe de l’hôpital de Sédhiou et a fait l’objet de trois affectations en moins d’un mois. De même, Cheikh Seck, kinésithérapeute, secrétaire général du SUTSAS de HOGGY, est victime d’un acharnement juridico-administratif pour avoir dénoncé des attributions nébuleuses de  marché.  Il vient d’être injustement affecté à la Direction des Etablissements de Santé, alors qu’un décret présidentiel l’a nommé représentant de personnel, à l’issue d’élections qu’il a brillamment remportées !

cf. Lettre ouverte au Président de la République du Groupe de Réflexion et de Résistance pour la Sauvegarde du SUTSAS (G2RS/SUTSAS), en date du 05 août 2014

http://www.nioxor.com/2014/08/lettre-ouverte-a-m-le-president-de-la-republique-du-senegal.html

C’est parce que que le système public de santé de notre pays s’achemine lentement mais sûrement vers une crise majeure et que l’accessibilité aux soins risque d’être irrémédiablement compromise, malgré le tapage folklorique sur la couverture maladie universelle, que notre Groupe pense qu’il est temps de réagir.

Nous avons ainsi décidé d’élever d’un cran la lutte contre les lobbies ayant pris les structures de soins en otage et d’engager une campagne d’explication à l’endroit des personnalités indépendantes, des organisations de la société civile et de défense des droits de l’homme…

 Groupe de Réflexion et de Résistance

Pour la Sauvegarde du SUTSAS (G2RS/SUTSAS)

Dakar, le 16 novembre 2014.

AFFAIRE DE FAUX, USAGE DE FAUX, ESCROQUERIE…MBALLO DIA THIAM, SG DU SUTSAS, BIENTOT CUISINE PAR LA SECTION RECHERCHES

Mballo

dans People / le 4 novembre 2014 à 10:50 /

Bientôt, le Secrétaire général du Syndicat unique des travailleurs de la Santé et de l’Action sociale (Sutsas) sera dans les locaux de la Section Recherches de Colobane. Pour une affaire de faux, usage de faux,  association de malfaiteurs, escroquerie et abus de confiance.

Mballo Dia Thiam devra, selon des sources de Actusen.com, déférer à une convocation, suite à une plainte déposée contre lui pour avoir,dit-on, signé avec la Société Namora un Protocole d’accord pour l’acquisition de trois mille logements au bout de vingt-deux mois, au prix unitaire de sept millions cinq cent mille francs et ceci au profit des militants du Syndicat.

En attendant de revenir sur les contours de cette affaire, Actusen.com est en mesure d renseigner que, selon la partie civile, deux mille six cent-vingt-quatre personnes ont adhéré à ce projet avec la caution et l’aval du secrétaire général du Sutsas.

Et d’après toujours les complaintes des plaignants, pour entrer dans ce programme, chaque individu avait consenti, obligatoirement, la somme de cent huit mille francs représentant 100 000 Francs d’épargne consentie, 5000 Francs de frais de fonctionnement de la coopérative, 3000 Francs pour l’achat de la carte du congrès qui s’est finalement tenu en Décembre 2012.

Selon nos mêmes sources, ces trois conditionnalités exigibles à l’inscription ont apporté 262 400 000 francs à Namora (2624 x 100 000), représentant 35 logements entièrement financés sur fonds propres, compte tenu du fait que le prix unitaire d’une villa était de sept millions de francs (7 500 000 Frs).

A en croire la partie civile, 13 120 000 Francs sont allés dans la Caisse de la ‘’coopérative’’, soit 2624 x 5000 Francs, directement gérés par le trésorier régional de Dakar, sans contrôle de la trésorerie nationale».

Pour rappel, le Président du Collectif des victimes de Namora, Cheikh Seck, a été auditionné par les enquêteurs de la Section Recherches de Colobane. Une audition qui a eu lieu, la semaine dernière et qui sera suivie par celle de Mballo Dia Thiam.

Actusen.com

 

LETTRE OUVERTE A M. LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE DU SÉNÉGAL!

ENJEUX

         Souvenez-vous, Monsieur le Président, de votre discours en début d’Août 2013, en plein mois de Ramadan, lorsque vous évoquiez le «crime collectif commis à l’encontre des malades» ! Toujours dans la même lancée, vous déclariez : « On va toucher à beaucoup d’intérêts. Nous savons qu’il y a des coalitions qui se forment mais on en a cure. Je suis là pour l’intérêt général des sénégalais».

         C’est justement pour la préservation de l’intérêt général que nous nous adressons à Votre Excellence !

         Nous notons, en effet, une contradiction flagrante entre votre ambition proclamée de gestion sobre et vertueuse et les pratiques de magouille au niveau du système socio-sanitaire, par ceux qui sont chargés de donner corps à votre vision. Sinon comment comprendre les affectations arbitraires et illégales touchant des pionniers de la lutte anti-corruption, pour protéger des gestionnaires ayant des pratiques aux antipodes de la bonne gouvernance ?

Tout cela dans le silence coupable des états-majors des syndicats et la bénédiction des hautes autorités du Ministère de la Santé et de l’Action Sociale.

         On assiste, depuis quelques mois, à des atteintes notoires au droit du public à l’information par refus d’accès des journalistes dans certaines structures socio-sanitaires et à la violation des libertés syndicales, par l’interdiction des réunions des travailleurs.

         Pour couronner le tout, une répression féroce s’est abattue sur des militants syndicaux engagés dans la défense des intérêts de leurs collègues travailleurs et des populations ainsi que dans la lutte pour une gestion vertueuse au niveau des Etablissements Publics de Santé.

         Excellence, Monsieur le Président !

         Vos services vous ont-ils parlé du cas de Guy Marius Sagna, assistant social de son état arbitrairement muté de Sédhiou, parce qu’il dénonçait la gestion peu orthodoxe de l’hôpital de cette localité ? Ce travailleur a fait l’objet de trois affectations en moins d’un mois. Remis à la disposition de la Direction Générale de l’Action Sociale par Mme le Ministre de la Santé, il sera réaffecté à Bounkiling avant d’être précipitamment rappelé à Dakar, deux jours après sa prise de service, car la “ coalition ” maffieuse locale ne voulait plus le voir, même en peinture ! Voilà un exemple patent de persécution d’un agent, dont le seul tort est de rappeler aux autorités leur engagement de bonne gouvernance !

         Il y a aussi le cas de Cheikh Seck, kinésithérapeute, secrétaire général du SUTSAS de HOGGY, victime d’un acharnement juridico-administratif pour avoir dénoncé des attributions nébuleuses de marché. Il a également reçu deux convocations, d’ailleurs classées sans suite, à la Division des Investigations Criminelles et à la Section de Recherches de la Gendarmerie, traduisant l’échec de ces tentatives d’instrumentalisation des services de sécurité.

         Ceci rend d’autant plus incompréhensible la mesure prise par Mme le Ministre de la Santé, à l’encontre de Cheikh Seck, malgré sa qualité de représentant du personnel (délégué du personnel) au Conseil d’Administration de HOGGY. Comment est-il possible qu’une autorité de cette envergure ignore les règles de l’Administration en ne respectant pas le parallélisme des formes. En effet, dans la hiérarchie des normes, le décret est supérieur à l’arrêté. Cheikh Seck est nommé au Conseil d’Administration de HOGGY par décret présidentiel n°2013-842 du 12 juin 2013, après avoir largement gagné sa place avec un écart de plus de 200 voix sur son suivant immédiat. Ceci, à la suite d’une élection où il faisait face pratiquement à tous les secrétaires généraux nationaux des syndicats de la Santé.

         Où était donc le conseiller juridique de Mme le Ministre de la Santé, lorsque les lobbies tapis dans l’ombre lui faisaient prendre une décision remettant en cause votre décret, Monsieur le Président de la République ?

         Ces deux affectations arbitraires sont d’autant plus révoltantes, que d’autres militants syndicaux sont traités avec magnanimité. Nous n’en voulons pour preuve que la situation de Saint-Louis où une bourse au CESAG a été proposée à un technicien supérieur en marketing abusivement nommé auditeur interne, pour le consoler de la perte d’un strapontin indu.

         Et dire que ce fait a été à l’origine d’un conflit épique entravant le fonctionnement de l’hôpital de Saint-Louis, dont les patients étaient systématiquement transférés à Louga.

Excellence, Monsieur le Président,

         En vous adressant cette lettre ouverte, nous ne cherchons pas à préserver les intérêts de ces patriotes du système de santé, prêts à servir leur peuple, partout où besoin sera. Nous voulons simplement éviter aux pouvoirs publics l’erreur commise à Louga, où après quatre années de bras de fer, l’administration a dû se remettre en cause, après des dysfonctionnements préjudiciables aux populations.

         Notre conviction est que le maintien de la paix sociale dans le secteur de la Santé et de l’Action sociale ne peut dépendre de la collusion des autorités avec des syndicalistes affairistes et des administrateurs véreux. Elle doit être le fruit du respect des règles, des valeurs et fondée sur une éthique de gestion.

Groupe de Réflexion et de Résistance pour

la Sauvegarde du SUTSAS (G2RS/SUTSAS)

Fait à Dakar le 05 août 2014

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